Nous avons tous quelque part dans notre mémoire, quelques images plus ou moins fugitives des histoires d'Arthur et de ses chevaliers.
La littérature et le cinéma ont gravé dans nos souvenirs quelques noms des chevaliers et dames tels que Merlin, Morgane, Lancelot, Gauvin, Perceval...et peut être quelques autres.
Excalibur, Brocéliande, Camelot, la Table ronde, l'épée dans la pierre ne sont pas des mots sans résonnance chevaleresque.
Et pourtant, pour la plupart d'entre nous, les données restent superficielles et désorganisées et, pour le moins, la richesse de cette épopée reprise par tant d'auteurs à des époques variées, offre une telle multitude de personnages et d'aventures dans des versions divergeantes qu'il est pour le moins difficile d'y retrouver ses petits (chevaliers bien sur!).
Tout se complique encore plus lorsqu'on essaie de rechercher la frontière entre une probable réalité historique des faits et la légende celtique d'une part et les ajouts des auteurs moyen ageux d'autre part.
La question de la réalité historique d'Arthur et de ses faits divise énormément.
Il semble désormais acquis qu'il ait existé aux alentours du VIem siècle, un chef breton (comprenez par Breton , Gallois ou Ecossais) qui a porté le nom d'Arthur.
Mais ce personnage ne fut peut être pas un "Roi" mais plus un chef de guerre qui rassembla les tribus indigènes au moment où les romains se retirèrent de l'île des géants (La Grande Bretagne).
Les sources littéraires sont elle mêmes propices à la dispersion de l'esprit et leur synthèse relève de la mission impossible.
On trouve quelques premières indications sur les faits d'Arthur dans la mythologie celte (Irlandaise et Galloise principalement).
Certains personnages que l'on retrouvera dans les écrits du moyen âge sont déjà mentionnés dans la Mabinogion (récit des très anciènnes légendes en 4 branches).
La tradition Celte étant orale et non écrite, il y a peu ou pas de traces matérielles tangibles des récits d'origine.
Les premiers auteurs de "la légende Arthurienne" reprennent les histoires mythologiques et campent précisemment le décor du roi Arthur de ses chevaliers et font le récit de leurs aventures.
Mais très vite, la machine s'emballe :
Les auteurs celtes sont "relayés" par leurs succésseurs du moyen âge, de culture religieuse différente et qui vont devoir, de surcroit, adapter leurs récits aux désirs de leurs commanditaires et quelquefois aux stratégies politiques de l'époque.
L'histoire originale est transformée quelque peu, les noms des personnages changent dans leurs orthographes, de nouvelles figures apparaîssent et les symboles celtes laissent souvent la place à des images bien plus conformes à l'éthique chrétien désormais en vogue.
Gautier Map, Robert de Boron, Chrétien de Troyes, Alfred Tennysson ( entre autres...) viennent étoffer l'histoire en y ajoutant des touches et des extensions très particulières et très "personnelles".
Il arrivera que l'histoire Arthurienne soit "utilisée" par certains politiques pour servir leurs intérêts et combattre les vélléités de leurs opposants.
Ainsi certains lieux historiquement très improbables, seront désignés pour être le théatre d'épisodes fondammentaux de l'histoire.
L'exemple le plus fameux est certainement Glastonbury désigné pour être le sanctuaire final du roi Arthur et de son épouse Guenièvre.